Photo © DR Théâtre pour enfants

Contes pour enfants pas sages

Jacques Prévert - Cie Dram*Bakus

lundi 23 juin 2014 14H45

Public concerné :
Les classes de CP, CE1, CE2, CM1 et CM2 de l’école Pierre et Marie Curie de Cléon.
Les classes de CP, CE1, CE2, CM1 et CM2 de l’école René Goscinny de Cléon.
Au total, ce sont 381 élèves qui assisteront à 3 représentations différentes sur 2 jours (Lundi 23 Juin 2014 à 14h45, et mardi 24 juin 2014 à 10h15 et 14h15).

Des animaux, amis des mots, ennemis des maux...
Une antilope, tellement triste, parce que son amie, pourtant vive comme l’éclair n’a pas su éviter une balle qui ne lui était pas destinée, Un dromadaire tellement gentil qu’il ne comprend pas qu’on le traite de chameau,
Un éléphant de mer, tellement gros, qui passe son temps à manger des poissons, comme ça d’un coup, slurp ! mais qui sait aussi s’asseoir sur son ventre, allez-y, essayez un peu pour voir !
Un cheval tellement en colère qu’il se cabre contre l’injustice, un lion qui se révolte contre un dompteur brutal, et des ânes fiers de leurs oreilles, une autruche de ses plumes, une girafe égarée dans les rues de Paris, qui pleure son poil dont on fait les manteaux...
Au milieu de ces sculptures étranges, Olivier Herblot, seul en scène, nous donne à voir des histoires de bêtes pas toujours à la fête.
Pas bêtes en fait, ces histoires qui nous en apprennent beaucoup, sur ces animaux arrogants, ces « Rois de la Création ». Sur nous les hommes. On pense à Esope, à Jean de la Fontaine, à Prévert...bien sûr... Non, plutôt on ne pense à rien. On rêve, on sourit, on est grave, brusquement. On se laisse emporter au gré des mots. Olivier Herblot, raconte, rit, tonne, danse et chante, se dédouble et se multiplie. Avec beaucoup de grâce et de légèreté, il nous entraîne au milieu de son bestiaire magnifique pour un voyage qui ne laissera indemnes, ni les petits, ni les grands.

Anti-racisme, anti-violence, anti-misère, antilope...
Qui peut mieux qu’une antilope vous raconter la peur de la proie, du poursuivi. La liberté, la vie qui se joue sur quelques mètres d’une course éperdue, à vous faire exploser le cœur. Cette impuissance du faible qu’elle a en partage avec tous les parias de la terre, avec tous les soumis, les esclaves. Ceux dont on vient voler la terre, qu’on vient soumettre, ceux qui ne trouveront le repos que dans le mort. Mais qui peut mieux qu’elle nous dire aussi la fraternité de ces instants de bonheur volés, flancs à flancs, insouciants malgré tout, à brouter l’herbe tendre de cette terre « qui est parfois si jolie ». Une solidarité interdite aux puissants qui ne connaissent que la loi... de la jungle.

Une autre enfance, grâce à une autruche...
Elle est drôlement perspicace cette autruche ! Pour un animal à qui on reproche justement de faire... l’autruche ! Encore notre sale manie de leur coller à eux nos défauts à nous. Cette autruche donc, qui sait lire la tristesse dans les yeux de l’enfant, prête à toutes les singeries, à tous les envols, reconnaissez que pour une autruche ce n’est pas une petite affaire, pour soustraire l’enfant aux tourments que lui font subir ces parents brutaux. Pour le faire rire, pour lui montrer un autre monde. Sacrée autruche qui sait qu’on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs !
Des bêtes de somme, des hommes bêtes, en somme... Ânes qu’on moque, croulant sous le poids de leur charge et de notre mépris. Lions qu’on enferme, qu’on veut dompter, mater, dresser, humilier, qu’on rend sanguinaires, eux qui n’étaient que carnivores. Chevaux, libres arpenteurs de grands espaces, qui devraient se sentir honorés de n’être plus que notre noble conquête. À tous ceux-là et à leurs compagnons d’infortune, Prévert donne la parole. Poètes à quatre pattes, humoristes à plumes, contre le sort qui leur est
fait, ils ruent dans les brancards !

Jacques Prévert,
« Jacques Prévert écrit, on dirait qu’il parle. Il vient de la rue et non de la littérature. » Cette réflexion de l’écrivain Georges Ribemont-Dessaignes résume ce personnage né avec le siècle à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, dans un milieu de petits-bourgeois trop dévots, dont il ne cessera de moquer les obsessions et les convenances. Avec Prévert, un univers à part se crée fuyant l’ordre voulu par Dieu et les « contre-amiraux ».
Aîné des trois enfants qu’auront Suzanne Catusse et André Prévert, il se passionne dès son plus jeune âge pour la lecture et le spectacle. A 15 ans, après son certificat d’études, il entreprend des petits boulots. Incorporé en 1920, il rejoint son régiment et sera envoyé peu après à Istanbul où il fera la connaissance de Marcel Duhamel. De retour à Paris en 1922, Jacques s’établira au 54, rue du Château qui sera bientôt le point de rencontre du mouvement surréaliste auquel participent Desnos, Malkine, Aragon, Leiris, Artaud et André Breton. Prévert finira part prendre position contre l’autoritarisme du "Maître". Un peu plus tard, il prendra ses distances avec le Parti communiste auquel il n’adhérera jamais.

Membres du l’équipe de la Cie Dram*Bakus :
Comédien : Olivier Herblot
Plasticien : Eric Lecroq-Agribert
Lumière : Denis Desanglois
Costumes : Mireille Martini
Mise en scène : Bruno &Pascal Delahaye

GALERIE PHOTOSPhotos © La Traverse